Marché financier Premiers petits pas de la dématérialisation

logo-leconomiste

Le train est bien en marche et les acteurs du marché financier ne veulent pas rater le virage de la dématérialisation technologique. Un grand défi pour eux, car cela nécessite un changement de paradigme et surtout de mentalité et de l’organisation du travail(1). Cette mutation représente également de nouvelles opportunités pour, entre autres, les Fintech, des start-up innovantes. «Au niveau de la régularisation, on a rapidement pris conscience qu’il fallait intégrer cette dimension technologique pour les marchés financiers; et tout cela donne des opportunités pour les start-up», relève Mamoun Bouhdoud, ministre délégué chargé de la PME et de l’Intégration du secteur informel. Ces jeunes entreprises innovantes emploient leur savoir-faire pour développer des services à la pointe de la technologie qui répondent mieux aux modes de communication. SafeDemat est un des exemples concrets. Cette start-up édite des solutions dans le domaine de la confiance numérique et de la dématérialisation des procédures. Néanmoins, «un problème culturel se pose: la transition est toujours lente, et ce malgré les réglementations déjà mises en place», souligne Houssain Ben Messouad, fondateur de SafeDemat. Pour y faire face, Mamoun Bouhdoud recommande «un travail collectif Etats-opérateurs privés pour le déclenchement d’un cercle vertueux qui fera de l’économie numérique un véritable levier de transformation pour le pays».
Du côté des assurances, «le train est déjà bien en marche», affirme Bachir Baddou, directeur général de la Fédération marocaine des sociétés d’assurances et de réassurance (FMSAR). En effet, au niveau des indemnisations et sinistres automobiles, la chaîne est, aujourd’hui, partiellement digitalisée. La Fédération des assurances a signé une convention avec son homologue française pour mettre en place une application mobile «E-constat» pour la gestion des constats à l’amiable. Son fonctionnement est simple, lors d’un choc entre deux voitures, dès lors que les conducteurs ont un smartphone avec l’application dessus, ils peuvent remplir une fiche de constat en ligne. Les données émises par les deux assurés seront téléchargées sur leurs contrats puis remontées immédiatement aux deux compagnies d’assurances qui relayeront les informations instantanément aux experts. Cette application permettra le suivi du dossier jusqu’à la remise des chèques d’indémnisation.
La dématérialisation permet d’apporter plus de transparence et de sécurité aux transactions. «Les ingrédients sont là. On a plus 15 millions de smartphones et le réseau de télécoms est relativement performant», précise Ahmed Rahhou, président de CIH Bank qui a déployé une stratégie de dématérialisation au sein du groupe qu’il dirige.

Tilila EL GHOUARI

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

top